Terres rares (3)

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L’envers du décor : le ver était dans le fruit.

La Chine premier émetteur mondial de gaz à effet de serre. Douche froide.

Au premier coup d’oeil ici en France, on voit qu’il n’y a quasiment plus grand chose à voir question mines, extraction minière.
Restent les terrils, vestiges du siècle dernier, grandeur et misère des temps passés, un temps que l’on ne souhaite pas revoir s’inscrire dans la réalité.
Trop dégueu, trop sale, c’est pas pour nous.
Même pour l’extraction des bauxites, les gens pétitionnent, poussent des hauts cris sitôt qu’il s’agit de faire des forages pour chercher des gisements de gaz ou de pétrole. C’est « touche pas à mon environnement » et l’on se mobilise à la moindre incartade.
Ici donc, en France, sous la pression des riverains et des mouvements de sauvegarde de l’environnement les industries polluantes ont du faire machine arrière. Ce fut le cas de Rhône-Poulenc, pourtant l’une des plus grandes usines de rafinerie de terres rares au monde dans les années 1990 qui a du délocaliser ses activités … en Chine.
En Chine, pourquoi ? Justement, parce que c’est différent. C’est différent car dés le départ, la Chine s’est portée volontaire pour prendre à sa charge toutes les industries sales, décidant d’ignorer superbement les problèmes de pollution, de ne cocher aucune case sur les principes de la sauvegarde de l’environnement. Et, sans surprise, en Chine, la pollution est allée bon train laissant des traces… par wagons.

Ici ça pue, on respire mal.
  • Des traces dans les paysages comme ces carrières à ciel ouvert (mine d’uranium en Mongolie), lorsqu’on creuse la montagne comme un puits.
  • Des traces de poussières qui se répandent partout dans l’atmosphère comme le montre le document qui suit, tourné dans la ville de Shanzi au nord de la Chine où ses habitants ne voient le soleil qu’une partie de l’année, lorsque revient « la belle saison », que les usines tournent au ralenti, lorsque l’on a moins besoin d’électricité (mines à charbon) pour chauffer les appartements. Alors les gens sortent munis de leurs smartphones pour photographier le soleil qui refait de timides apparitions et faute de mieux le consulter sur écran en période de disette.
  • Des traces de pollutions avec ses eaux bizarres sorties des mines dont on ne sait que faire (autre vidéo suivante), des eaux chargées de produits chimiques et de métaux lourds ayant servi à extraire de la gangue les terres rares, rejets toxiques et radio-actifs que l’on évacue par des pipelines vers un lac artificiel en accès sur le Fleuve Jaune chargé d’emporter ces eaux usées de l’industrie minière à destination de son embouchure et disparaitre, croit-on, noyées dans l’océan mais s’infiltrant tout autant sur place dans les sols, polluant les nappes phréatiques, empoisonnant la faune, la flore et les habitants.
  • Des traces visibles dans les cours d’eaux évacuant ces montagnes de plastics rejetés dans la nature le plus souvent, allant former ces gigantesques îlots quelque part dans le Pacifique… car chemin faisant, le déplacement de populations des campagnes vers les villes pour concentrer la main d’oeuvre de cet « atelier du monde » a du adopter la consommation alimentaire sous plastics comme partout sur la planète.
  • Des traces encore sous formes de cancer chez les populations soumises à ces rejets qui apparaissent en grand nombre dans les régions concernées.
Minerai Charbon
Baotou Lac toxique
Un mal ordinaire

C’est beaucoup… de plus, c’est aussi de Chine que sont partis les différents fléaux pandémiques qui se sont ensuite répandus de par le monde, ce dernier coronavirus, le SARS-CoV-2 contraignant nos autorités politiques à zigzaguer au petit bonheur la chance, d’une mesure l’autre, confinement, couvre feu et re-confinement tout au long de cette année 2020 du printemps à l’hiver, constamment prises en défaut par une pandémie indirectement liée à des problèmes environnementaux, mettant à l’arrêt une grande partie de l’activité économique… mondiale.
Un fléau à bas bruit mais plus retord qu’il n’y parait, qualifié de maladies émergentes et si l’on en croit les virologues potentiellement à répétition pour nous accompagner dans les temps qui viennent.
Nous allons devoir apprendre à vivre avec ces nouveaux dangers, réorienter nos modèles agricoles, sanitaires, industriels, changer nos comportements puisque l’air même que nous respirons est habité par ces nouveaux venus très piquants qui ne peuvent vivre sans nous mais mortellement attachants.

Tatouage Yin Yang
Tatouage Yin Yang


Ce bref inventaire des périls vient sérieusement bousculer le Yin et le Yang harmonieux de l’état du monde qui tel une épée de Damoclès laisse peser une menace existentielle sur tous les occupants de la planète terre.
Si la Chine nous semble lointaine, ses nuisances environnementales se propagent, elles aussi, ignorant les frontières, modifiant les climats par delà les mers, diffusant sécheresses, inondations, pandémies, nous rappelant que nous sommes tous logés à la même enseigne et à l’étroit dans un même monde limité, commun.

L’innovation technologique bourrée de cobalt, de gallium et autres lanthanides issus des terres rares ne serait donc pas cette source saine et limpide ruisselant dans un monde de verdure assurant la transition énergétique vers l’après pétrole. L’exemple chinois ne ressemble pas à ce récit drapé dans un conte de fée que nous chante les sirènes schumpétériennes.
Qui peut le croire à l’heure où l’on parle ?


Des pistes sur ce monde d’après ?
Réflexion candide :
« Etat des lieux en France. Quid de l’Europe. »
Prochainement.

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