Présidentielles : Feuilleton en trois épisodes

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Présidentielles 2017.

Feuilleton télé en trois épisodes

 

 

 

 

 

Premier épisode.

Lors de la première émission télévisée des présidentielles 2017, j’ai bien sûr regardé mais en coupant le son pour éviter de trop entendre les marchands de bonheur et autre bonimenteurs, pour être plus attentif aux images et tenter de lire au travers des gestes et mimiques la sincérité s’exprimer. Les caméras aussi étaient aux aguets essayant de suivre au plus près la moindre parole passant rapidement d’un plan fixe sur le candidat interrogé sans perdre de vue le moindre mouvement d’humeur d’un adversaire, saisir une moue ou un quelconque signe de réprobation.
De gauche à droite suivant la disposition établie par tirage au sort B.Hamon ne m’a pas semblé toujours audible. Sérieux. Je me suis moi-même surpris à vouloir remonter le son comme si je n’entendais pas ce qu’il tentait de dire.
Avec F.Fillon j’ai eu quelques soucis et j’ai bien cru dés le début qu’il ne tiendrait pas la distance, qu’il s’évanouirait sur le plateau, évacué sur une civière par l’entremise du corps des pompiers de service, tellement il arborait une tête de cocker triste, ça sentait la mauvaise sueur malgré l’étoffe. A évité le pire, de justesse.
E.Macron lui, semblait fixer l’objectif ou quelque chose derrière sous l’effet d’un strabisme autocentré ce qui lui donnait un regard enfantin et inquiétant doublé d’une gêne comme s’il avait de la peine à réguler sa respiration lorsqu’il s’animait.
J-C. Mélanchon m’est apparu plus grimaçant qu’à l’accoutumé mais assez à l’aise dans son corps. Sans doute l’assurance du verbe ou de la formule qui semblait goulayer de sa gorge pour s’échapper de ses lèvres.
M. Lepen n’avait pas l’air commode en maitresse femme faisant souvent le geste de remettre en place une mèche un peu longue et rebelle qui lui tombait sur le front et qu’elle replaçait mécaniquement derrière son oreille droite. Mèche blonde, sans moustache. Bouche mince, deux couteaux s’aiguisant en permanence.
Mais j’ai manqué tout le reste.

 

Deuxième épisode.

Lors de la seconde confrontation télévisée les candidats étaient onze et c’est vrai, un vent printanier soufflait ce soir là sur le plateau des onze.  Les petits candidats ont vraiment fait la nique aux grands. Les téléspectateurs ont pu à cette occasion entendre avec quelques surprises des voix dissidentes, des propos que l’on n’a pas l’habitude d’entendre tellement les médias sont devenus des fabriques d’opinions finement construites. N.Arthaud avouait ne pas prendre plus de plaisir à se faire exploiter par un patron battant pavillon français qu’étranger, tandis que J.Cheminade annonçait un futur crac financier, qualifiant la dette d’immorale et d’inique, annonçant au surplus qu’elle ne serait jamais remboursée (ce qui ne faisait pas les affaires de F.Fillon). Voilà qui devenait intéressant. F.Asselineau martelait que le bonheur était dans le Frexit alors que N.Dupont-Aignan ne pensait qu’à prendre des voix dans les poches de Dupont-Fillon, pendant ce temps, J.Lassalle jouait d’une manière très citoyenne avec ses lunettes passant du grave à l’aigu en prenant tout son temps ce qui semblait exaspérer les deux ogresses blonde et brune chargée d’organiser les échanges. Enfin P.Poutou fut sur le point de mettre au chômage longue durée l’un de ses adversaires, obligeant l’autre à s’arrêter à la case prison.
En vedette donc les petits candidats semblaient animés d’un commun et même esprit frondeur et l’on pouvait goûter quelques instants la saveur d’une parole libérée.
Frémissement sur le plateau et éclats de rire. La politique-spectacle tenait sa revanche.

 

Troisième épisode.

Ce jeudi soir, les journalistes Léa Salomé et David Pujadas recevaient à confesse sur la 2 les onze apôtres et présidentiables à qui ils avaient demandé d’amener un grigri.
J-C. Mélanchon est venu avec un réveille-matin, N. Arthaud avec une photo des Blacks Panters, M. Le pen avec une clef, F. Asselineau avec une petite branche d’olivier, B. Hamon avait cru bon de coupler carte vitale et carte d’électeur, N.Dupont-Aignan une petite sculpture d’un enfant handicapé et son smartphone en sus, P. Poutou le drapeau de la Guyane, E. Macron s’excusait d’avoir laissé sa grammaire au vestiaire, J. Cheminade un outil-silex de la préhistoire, J. Lassalle deux traces écrites de son parcours et enfin F. Fillon était venu les mains vides ayant déjà du rendre à contre coeur costumes et cintres.
L’émission fut perturbée par l’annonce d’une intervention meurtrière sur les Champs Elysées téléguidée par une puissance étrangère.
L’émission nous rappela tardivement qu’il y avait effectivement trop de bons « petits candidats » et cruellement pas assez de « grands ».

 

 

 

 

hervey, 2017, élection présidentielle, les quatre

7 Responses

  1. PARDON

    Bien vu , bien dit ! Hervey . Aucune objection ! Malheureusement , tous les français n’ étant pas aussi clairvoyants et pertinents que vous …. que retiendront ils de cette mascarade ? Rendez vous demain soir , je crainds le pire …. Cordialement ! Bravo pour les dessins , ou photos  » bricolées  » ?!

  2. marie-thérèse Péroz-Blaise

    D’accord ,c’est bien de se distraire .L’ennui est que leur jouet préféré n’est pas sur le devant de la scène .
    Nous subirons cinq ans les caprices de ces assoiffés de pouvoir .
    Je n’ai rien contre ceux ,ou celles ,qui aiment la France ,mais je n’aime pas celles et ceux qui font du mal aux Français ,par incompétence ,maladresse ou mensonge .

  3. Hervey

    Et si à 20h 01 on annonçait une super surprise déjouant les pronostics, presque tous les pronostics ?
    La logique recoupant temps long et temps court, vague de fond et pic de température du moment voudrait (selon moi) que l’on retrouve qualifiés pour le second tour deux candidats commençant par un M.

    • Hervey

      A moins, à moins que ça se termine par un N ?… );-)))

  4. Hervey

    ♪♫♫♪♪♪♫♫♫♪♫

    Que dire, deux jours plus tard ?

    Les perdants de la mondialisation ont donné un piteux spectacle de leur désarroi, détalant qui vers la droite extrême qui vers les gauches extrêmes, s’éparpillant dans des camps irréconciliables.
    Mal voter n’est déjà pas le meilleur signe d’une capacité à bien gouverner.
    A ces divisions mortifères viennent se superposer des querelles sans fin, des égos surdimensionnés et des découvertes de dissensions bien tardives.
    Tout ceci faisait en effet trop de handicaps.
    La demande reposait sur l’espoir d’un changement recherché en dehors des partis depuis longtemps et cristallisé par la sortie du bois d’un Macron. Et quoi de mieux si l’impétrant fait office de banquier… c’est rassurer l’épargne des français de droite comme de gauche.
    Un véritable coup d’Etat presque par surprise.
    Pourtant : « Fallait s’y attendre » disaient les sondages.
    Le petit chat est mort.

    Le second tour peut faire fuiter de vraies fausses révélations d’origines diverses sans pour autant modifier l’ordre du premier tour.
    Mais le vote aux législatives pour soutenir les orientations présidentielles sera un vrai casse-tête car chacun voudra défendre ses intérêts.
    Le haut et le bas, la droite et la gauche ne se retrouveront pas forcément au centre.
    C’est presque mission impossible.
    A suivre.

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