La fable des abeilles de Mandeville

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(Gravure numérique tirée à 4 exemplaires sur papier tecco FineArt Rag 295 g/m2)

Illustration de la Fable des abeilles de Bernard Mandeville.

Après avoir traduit en anglais les Fables de La Fontaine, Bernard Mandeville, médecin d’origine néerlandaise s’est essayé lui aussi à cet exercice dés 1705, laissant à la postérité une fable intitulée « la Fable des abeilles » qui a fait couler beaucoup d’encre dés sa publication, puis a suscité bien des avis et des commentaires les siècles suivant parmi les théoriciens de l’économie de Ricardo à Keynes de Marx à Hayeck en passant par Adam Smith.
Aujourd’hui encore son ombre plane sur bien des discours issus du monde des affaires au point de servir d’étendard aux néolibéraux et porter toujours sans complexe ces « vertus pratiques » et une certaine vision du monde qui se voit et s’explique plus aisément si l’on se tient tout en haut à l’étage des appartements du château donnant sur le parc.

Pour illustrer la morale de cette « La fable des abeilles » (les vices privés font les richesses publiques), j’ai grappillé des images ici ou là venant du secteur du luxe, domaine dans lequel se distinguent avec succès de grandes marques qui diffusent les produits du luxe à la française; chacun reconnaitra ces marques qui usent et abusent de l’image publicitaire… ainsi que d’autres images issues de monde des arts (ici la peinture) avec des oeuvres de Félicien Rops, Otto Dix, Utamaro et un fragment de fresque de la Villa des Mystères (Pompéi).
Comme souvent (série DECLINAISONS oblige) cette image de fond, « ce que je vois de ma fenêtre » : le château de Druyes, reprise allégorique de ce que je vois du monde, d’ici même.
Pour Bernard Mandeville, les vertus n’amènent rien de bon à la société, pire, elles l’appauvrissent alors que la cupidité l’enrichit. La « liberté d’entreprendre » développe l’imaginaire et l’inventivité créant ainsi de la richesse qui peut ensuite se répandre dans la société comme l’eau qui s’écoule par ruissellement du haut en bas de la pyramide, l’irriguant de ces bienfaits (une pluie d’or).
Dans une société bloquée par le religieux et les interdits, cette fable a effectivement soulevé beaucoup d’intérêts et froissé bien des hypocrisies. C’est vrai. Mais elle a aussi permis d’exploiter sans limites, hommes, femmes, enfants et dans la foulée a permis toujours selon cette morale, de faire main basse sur toutes les richesses naturelles faisant de l’homme nouveau ce redoutable prédateur que l’on avait un peu tôt oublié.
Désormais le renard est dans le poulailler. L’époque en témoigne.

Il n’était donc pas interdit de voir et penser autrement.
C’est la prochaine DECLINAISON que publiera le blog sous le titre : « contre-fable à la Fable des Abeilles »

 

 

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2 Responses

  1. MARIE THERESE PEROZ BLAISE

    Et si ,sans parler de Morale ,on parlait de frugalité et d’abondance .
    Il me semble que la frugalité développe davantage la créativité que l’abondance ;l’homme n’est devenu sapiens que par son imagination et son inventivité parce qu’il possédait peu de biens dans un environnement hostile .
    Notre environnement est hostile ,pour des raisons différentes ,mais n’Est-ce pas l’occasion de nous montrer combatifs en acceptant moins de richesses et davantage d’idées pour résister à la tentation consumériste ?

    • Hervey

      On entend effectivement ce discours, il faut se serrer la ceinture, renoncer à certains acquis, aller vers plus de flexibilité… Mais d’un autre côté, on voit que certains s’octroient bonus et stocks-options pharaoniques, que certains autres s’emparent de terres agricoles à vils prix pour les transformer en terrains constructibles ou encore font main basse sur des matières premières pour un enrichissement personnel au dépend de la collectivité. L’ensemble de ces mécanismes se traduisant dans les faits par la formule soulignant que c’est bien le 1% qui détient la moitié des richesses mondiales. Une société ne peut pas fonctionner avec de tels écarts à moins de reconnaitre que le mode esclavagiste soit tout à fait viable. Nos sociétés modernes sont régies par le droit mais ce droit là est tordu de toutes parts et donne les résultats que l’on voit.
      On peut toujours pour sa propre gouverne mener une vie d’ascète mais ça ne fait pas un projet de société.

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