Contre-fable à la fable des abeilles

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(Gravure numérique tirée à 4 exemplaires sur papier tecco FineArt Rag 295 g/m2)

Contre-fable à « la fable des abeilles » de Mandeville.

 

Pour illustrer la contre-fable, j’ai pris modèle sur la fable « Le boeuf et la grenouille » de notre Jean de La Fontaine. Ici, la grenouille juchée sur la tour dans une posture arrogante, débite avec toute la suffisance requise qu’on peut lui prêter, les recettes et les vérités du moment. Ce prêchi-prêcha inscrit dans des bulles-jabots se décline lui aussi sur les trois premières images et fait écho à ce que l’on entend (un tout petit peu moins, au moment où je décrypte cette image) sur les ondes et médias mainstream, mais qui est toujours en vigueur malgré tout.
Dans cette DÉCLINAISON (faite il y a deux ou trois ans) quelques détails peuvent à juste titre attirer votre attention : l’oeil du boeuf.
Un oeil changeant, premier et seul signe indicatif de ce qui va suivre dans la masse lourde et volumineuse de la bête noire, annonçant la réaction finale.
Récit d’une séquence temps en quatre images.
Changement complet dans la quatrième image, (comme si l’on avait supprimé une séquence trop violente et inutile) puisqu’on se retrouve dans une arène et que le boeuf changé en taureau a fait taire la grenouille qui gît à terre.

Reste à comparer cette contre-fable à « la fable des abeilles » décryptée dans le billet précédant : Je vous laisse au jeu des interprétations.

Si vous avez bien regardé et analysé ces deux DECLINAISONS et bien saisi toutes les allégories contenues, vous serez amené à vous demander de laquelle de ces deux représentations sommes-nous aujourd’hui le plus proche ?
Embarrassante la question !

 

 

Ces DECLINAISONS, fable et contre-fable ont fait l’objet d’une publication sur le blog ECONOMIE FINANCE de Paul Jorion.

 

 

Gravure disponible en boutique.

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peintre sculpteur graveur

Peintre - sculpteur - graveur

3 Responses

  1. marie thérèse Peroz Blaise

    C’est curieux ,cette déclinaison me fait immédiatement penser à Baudelaire « La Bêtise au front de taureau  » ,le poème Examen de minuit ,qui peut se relire avec une actualité extraordinaire .
    Le dégoût de l’hyperconsommation ,de l’adoration du Veau d’or était présent chez de nombreuses personnes illustres ,bien avant notre piteux siècle

    • Hervey

      Au jeu des « Correspondances » Baudelaire est un grand et beau vaisseau.

      « La Nature est un temple où de vivants piliers
      Laissent parfois sortir de confuses paroles;
      L’homme y passe à travers des forêts de symboles
      Qui l’observent avec des regards familiers.

      Comme de longs échos qui de loin se confondent
      Dans une ténébreuse et profonde unité,
      Vaste comme la nuit et comme la clarté,
      Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

      II est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
      Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
      — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

      Ayant l’expansion des choses infinies,
      Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
      Qui chantent les transports de l’esprit et des sens. »