
Wang Weil (699-761) : « Souffrant de la canicule »
Un soleil rouge brûle ciel et terre
Des nuages de feu font des montagnes
L’herbe et les arbres – bruns et racornis
Rivières et marais réduits en sable.
Les habits de soie fine sont trop lourds
Dans la forêt touffue on manque d’ombre
La natte de bambou comme un fer route
On relave les draps sitôt qu’ils sèchent.
Un rêve d’échapper à l’univers
D’errance libre dans l’immensité
Un vent qui vient sur des milliers de lis
La mer et les rivières lavent l’âme.
Mais quoiqu’on fasse tant que le corps pèse
L’esprit reste enfermé dans le sommeil
Franchir la porte de la Rosée Douce*
Soudaine pure joie de la fraicheur.
*Note du traducteur : La Rosée Douce désigne dans le bouddhisme le nectar de l’immortalité ou nirvana et l’entrée dans le nirvana se fait par « la Porte de la Rosée Douce ».
Traduction André Markowicz « Ombres de Chine ».
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.