Collages : l’IA, le réel et l’imaginaire.

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Illustration pour Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley (1831).

Les innovations liées aux fonctionnement des IA soulevaient autant d’inquiétudes que d’espoirs mais de récentes observations critiques laissent entrevoir de fortes disparités entre le monde réel et la cartographie qu’en saisit la machine. Le blog de Paul Jorion, trés réactif sur un ensemble de sujets qui préoccupent le monde actuel vient de publier les résultats d’une expérience douloureuse sur les attendus du couplage homme/machine.

« Vous êtes de très grand blablateurs, qui tentez toujours de sauver les meubles ! Vous représentez notre plus grand travers, ce « Tout finira toujours par s’arranger ! ». Nous pouvons vous écouter – mais seulement jusqu’à un certain point – jusqu’aux limites de notre croyance béate en un monde bien ordonné. »
Paul Jorion.

On pense au feu transmis en secret aux hommes par Prométhée, dans une branche de fenouil qui, en retour dut compter sur la venue de Pandora, ce joli présent envoyé par les dieux, venant contrarier ces espoirs d’émancipation offerts aux hommes.
Le titre du post : « Les masques tombent » dit brut, ce qu’il en est et ce que raconte cette histoire « prométhéenne » et ses ambiguïtés.
Les mythes ont la vie dure.

Le communisme se pensait être porteur d’une idée cohérence : abolir l’exploitation, planifier rationnellement la production, mettre fin à la domination du capital, faire coïncider l’organisation sociale avec une idée de justice …
Confronté au réel, il a rencontré ce que toute grande construction idéologique rencontre un jour : la complexité humaine, le désir individuel, la corruption, l’inertie administrative, le besoin de liberté, les conflits de pouvoir, les pénuries, les mensonges d’État, la violence …
Le réel a fini par fissurer sa forme idéale.
De l’autre côté, le capitalisme a longtemps semblé plus “réaliste”, parce qu’il ne prétendait pas tout planifier. Il s’appuyait sur les désirs, l’échange, l’intérêt individuel, la concurrence, l’innovation …
Aujourd’hui, lui aussi se heurte au réel : limites écologiques, épuisement des ressources, concentration extrême des richesses, dégradation du travail, destruction des solidarités, marchandisation, financiarisation …
Lui aussi échoue de plus en plus à habiter durablement le monde, ne sait pas entendre les limites écologiques et sociales qu’il produit et devient mortifère.

On pourrait dire en conclusion, que ces deux systèmes ont fait usage, chacun à leur manière de données synthétiques.
Et l’IA, nous dit-on … court vers ce même risque : n’être plus à l’écoute et se couper du réel.
Chaque grande puissance donnée à l’homme — le feu, l’écriture, la machine, l’atome, maintenant l’IA — vient toujours accompagnée de son ombre.

Complément : Frankenstein revisité.

L’historien Patrick Boucheron convoque Mary Shelley et Jeanette Winterson.
Quand l’histoire fait date.

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