
Les innovations liées aux fonctionnement des IA soulèvent autant d’inquiétudes que d’espoirs mais de récentes analyses laissent entrevoir de fortes disparités entre le réel et le rendu de la machine.
Le blog de Paul Jorion, trés réactif sur un ensemble de sujets qui préoccupent le monde actuel vient de publier les résultats d’une expérience douloureuse sur les attendus du couplage homme/machine.
« Vous êtes de très grand blablateurs, qui tentez toujours de sauver les meubles ! Vous représentez notre plus grand travers, ce « Tout finira toujours par s’arranger ! ». Nous pouvons vous écouter – mais seulement jusqu’à un certain point – jusqu’aux limites de notre croyance béate en un monde bien ordonné. »
Paul Jorion.
Question : Sommes-nous toujours dans une histoire déjà conté par la mythologie ?
On pense au feu apporté en secret aux hommes par Prométhée, une branche de fenouil contenant cette IA qui, en retour, vit l’apparition de Pandora un présent empoisonné envoyé par les dieux, venant couper court aux désirs de liberté et de toute puissance offerte aux hommes pour s’émanciper et à l’égal des dieux devenir immortels ?
Le titre du post : « Les masques tombent » dit brut, ce qu’il en est et ce que raconte cette histoire « prométhéenne » et ses ambiguïtés.
Les mythes ont la vie dure.
Frankenstein revisité.
L’historien Patrick Boucheron convoque Mary Shelley et Jeanette Winterson.
Quand l’histoire fait date.
Questions subsidiaires : Communisme et capitalisme n’ont-ils pas eus eux-aussi des démêlés avec le réalité ?
Le communisme se pensait être porteur d’une idée cohérence : abolir l’exploitation, planifier rationnellement la production, mettre fin à la domination du capital, faire coïncider l’organisation sociale avec une idée de justice …
Confronté au réel, il a rencontré ce que toute grande construction idéologique rencontre un jour : la complexité humaine, le désir individuel, la corruption, l’inertie administrative, le besoin de liberté, les conflits de pouvoir, les pénuries, les mensonges d’État, la violence …
Le réel a fini par fissurer sa forme idéale.
De l’autre côté, le capitalisme a longtemps semblé plus “réaliste”, parce qu’il ne prétendait pas tout planifier. Il s’appuyait sur les désirs, l’échange, l’intérêt individuel, la concurrence, l’innovation …
Aujourd’hui, lui aussi se heurte au réel : limites écologiques, épuisement des ressources, concentration extrême des richesses, dégradation du travail, destruction des solidarités, marchandisation, financiarisation …
Lui aussi échoue de plus en plus à habiter durablement le monde, ne sait pas entendre les limites écologiques et sociales qu’il produit et devient mortifère.
Qu’en dire ?
On pourrait dire que ces deux systèmes ont fait usage, chacun à leur manière de données synthétiques.
Et l’IA, gavée au synthétique … court vers ce même risque : n’être plus à l’écoute, être coupé du réel.
Chaque grande puissance donnée à l’homme — le feu, l’écriture, la machine, l’atome, maintenant l’IA — vient toujours accompagnée de son ombre.
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