Der des ders

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Déclinaison : « Der des ders ».

 

1918-2018

 

Hervey, Déclinaisons, Der des ders

 

 

Vous avez très certainement dans vos familles un parent, un aïeul qui a du participer à cette guerre de quatre ans.
Tous les cimetières des communes de France (35 000, excusez du peu) ont une stèle ou un monument érigé à la mémoire de ses enfants tombés au champs d’horreur.

C’était il y a cent ans.

Le cinéma, la littérature, la musique, la poésie, la sculpture… tous les arts sont venus témoigner de l’horrible guerre.
Non contents de vider les campagnes de leurs habitants de sexe mâle, les Etats sont allés chercher au fin fond du monde cette chair à canon nécessaire et jamais suffisante aux états majors. Contrats bidons, chantages, menaces tout était bon pour venir gonfler les rangs des armées et remplir les tranchées. Malheur à qui s’y opposait.

A sa façon, la déclinaison « Der des ders » commémore cette épouvantable histoire.

  1. Otto Dix fut un soldat allemand et un peintre.
  2. Albin Egger Lienz fut un soldat allemand et un peintre.
  3. André Masson fut un soldat français et un peintre.
  4. Marcel Gromaire fut un soldat français et un peintre.

 

Qu’ils reposent en paix !

 

« La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. »
Paul Valéry

 

Souvent je pense à mes très nombreux camarades tombés à mes côtés. J’ai entendu leurs imprécations contre la guerre et ses auteurs, la révolte de tout leur être contre leur funeste sort, contre leur assassinat. Et moi, survivant, je crois être inspiré par leur volonté en luttant sans trêve ni merci jusqu’à mon dernier souffle pour l’idée de paix et de fraternité humaine.

Louis Barthas : Carnets de Guerre (1919).

En cette année du centenaire, le retour en force de la nécessité d’un « service civil » pour les nouvelles générations est probablement tout à fait accidentel à la commémoration mais indique bien un abandon de ce qui a prévalu il y a peu, à savoir cette idée de l’individu lâché seul dans la mondialisation comme d’une fausse route et le nécessaire retour à des valeurs de cohésions nationales.

Quelle sorte d’abri pour quelle sorte d’orage ?… Quelques fois des bruits lointains de l’Histoire viennent comme des avertissements.