Deux poèmes de Po Chü I

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Po Chü I : « Quatrain ».

Quatrain.

Une fleur on dirait pas une fleur
une brume, on dirait pas une brume
Elle apparaît au milieu de la nuit
et elle s’évapore avec l’Aurore `
Tantôt elle se précipite et reste
plus fugace qu’un rêve printanier
Tantôt elle s’efface tout entière
on dirait les nuages du matin.

Po Chü I (772-846)
Traduction : André Markowicz : « Ombres chinoises »

Po Chü I : « Le son des pins ».

Le son des pins


J’aime m’asseoir tout seul au clair de lune,
Face au couple de pins dans mon jardin.
Une brise légère du Sud-Ouest
Passe au milieu des branches des aiguilles.
Le son qui naît est triste et gémissant.
A minuit dans l’éclat du clair de lune
Un son de pluie sur les collines froides
Ou le son pur d’un luth un soir d’automne.
J’écoute et suis lavé de la chaleur
J’écoute encor j’oublie soucis et peines.
Tard dans la nuit, je reste sans dormir
Tant que le corps et l’âme ne soient purs.
La rue au sud –  fracas des équipages
A l’ouest chez les voisins – flûtes et rires. 
Qui penserait que sous l’auvent chez moi
Je n’entends que les sons et pas un bruit ?

Po Chü I (772-846)
Traduction : André Markowicz : « Ombres chinoises »

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