

Les rochers des montagnes hérissés
leur masse pèse sur la piste étroite
Au crépuscule jaune – enfin – le temple
chauves souris qui volent pullulant.
On monte encore vers la grande salle
on s’assied sur les marches – la pluie cesse
Devant le bananier aux feuilles larges
un pot de gardénias en pleine fleur.
Un moine parle des anciennes fresques
magnifiques peintures de Bouddha
Il apporte une torche il illumine
ces choses merveilleuses jamais vues.
Il étale le lit étend la natte
il offre un peu de soupe et de riz
La nourriture est simple elle est frugale
elle suffit à apaiser la faim.
La nuit profonde le sommeil tranquille
les insectes se taisent tout autour
Le clair de lune par dessus le toit
sa lumière se glisse par la porte.
Au point du jour sans suivre aucune route
on sort et on regarde la montagne
Partout autour plus haut plus bas plus loin
où les brumes traînantes se dissipent
Montagnes rouges ruisseaux bleus de jade
miroitement confus de leur brillance.
On regarde les chênes les sapins
leurs troncs qui peuvent faire dix empans.
Debout dans le courant pieds nus et rouges
guéant de pierre en pierre le ruisseau
L’eau claque autour éclabousse les robes
qui gonflent dans le vent et se soulèvent.
Cette vie-là si elle était la nôtre
comme nous l’aimerions facilement –
Avoir à vivre sans courber l’échine
aucun ordre à donner à recevoir !
Ô compagnons choisis frères fidèles
pourquoi ne pourrions-nous vieillir ici ?
Traduction : André Markowicz : « Ombres chinoises »


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