
Tu Fu (712-770)
Décrivant mon sentiment
entre ciel et terre, partout la même vie, pénible
si, selon les provinces les coutumes diffèrent,
partout on s’affaire, on rivalise
tous nos actes sont sous la contrainte
s’il n’y avait pas de noblesse, humble on ne s’attristerait pas
s’il n’y avait pas de richesse, pauvre on se contenterait de ce que l’on a
une fois mort, bientôt ne reste qu’un squelette
dans les maisons voisins tantôt on chante, tantôt, on pleure
depuis que, homme modeste, je suis arrivé dans la gorge de Wu,
trois années ont passé comme la flamme vacillante d’une bougie
pour préserver ma vie, je me suis résigné à vivre en pays étranger
laissant aller mon sentiment je ne me soucie guère de la gloire ou de l’humiliation
quand j’ai assisté pour la première fois à l’audience impériale du matin,
j’avais déjà les dents du vieille âge
pour rétribution quotidienne, je n’ai que du riz grossier
j’ai fait construire une chaumière à l’est de la ville en pierre,
et cueille des plantes médicinales dans les ravins au nord de la montagne
je m’y consacre de tout mon cœur, qu’il neige ou qu’il gèle
nul besoin de tige touffue et verdoyante
cela ne correspond pas à un plan particulier,
je me conforme simplement à ma nature solitaire
l’homme noble est droit comme une corde tendue
l’homme mesquin ressemble à un crochet tordu
tordu ou droit, je m’en moque
me réchauffant au soleil j’attends bûcherons et bouviers
Traduction Cheng King et Hervé Collet (Editions Moundarren).
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