Inferno : Canto 14

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Feuilleton : L’Enfer Chant 14

Désert de sable et pluie de feu. Les véhéments. Le vieillard de Crète et cartographie fluviale.

C’est à pinces, foulant une terre aussi aride que le désert de Libye, sans que l’on sache où est passé Nessus le centaure, que Dante franchit le troisième cercle des violants contre Dieu. Là des foules de gens nus, gisant à terre ou debout, tournant sans cesse, soumis à une pluie de feu incessante, ):-) courent et gesticulent de tous côtés afin d’échapper aux flammes tombant du ciel.
Un seul, se tient debout, hautain et méprisant, raillant ses compagnons d’infortune.
Virgile interpèle avec véhémence Capanée, ce chef argien qui participa au siège de la ville dans « Les septs contre Thèbes » d’Eschyle.
Eh ! Oui, c’est bien lui, Capanée, qui osa se lever contre Zeus et fut foudroyé.
Virgile le mouche promptement et invite Dante à poursuivre en prenant garde où il marche. Il indique le chemin, décrit la provenance du cour d’eau rouge sang qui sort de la forêt, évoque la Crète et le mont Ida, l’histoire de son roi qui dévorait ses enfants et la survie de l’un d’eux : Jupiter.
Parfait le guide !
Dans cette montagne est une grotte où se tient un grand vieillard, le regard tourné vers Rome. Il est d’or, d’argent, de bronze et de terre cuite. De ses yeux ruissellent des larmes qui forment à ses pieds les sources de l’Achéron, du Styx, du Phlégéton qui s’écoulent plus bas donnant naissance à un étang qui a pour nom Cocyte.
Cette géographie fluviale des enfers contée par maitre Virgile ne passionne pas vraiment notre poète qui voudrait bien pouvoir souffler un instant et demande, la mine boudeuse et quelque peu déconfite, où se trouve le Léthé, un cour d’eau plus paisible qui arrose le paradis. S’il vous plait, Maitre !
Tss-tss… Virgile promet de s’y rendre mais plus tard.
Le chemin est encore long, jeune homme.
En route.

Hervey Illustration pour l'Enfer de Dante Chant 14

« In mezzo mar siede un paese guasto »,
diss’ elli allora, « che s’appella Creta;
sotto ‘l cui rege fu già ‘l mondo casto.

Una montagna v’é che già fu lieta
d’acqua e di fronde, che si chiamo Ida
or é diserte come cosa vieta.

« En pleine mer est un pays dévasté »,
dit-il alors, « qui s’appelle la Crète,
dont le roi géra un monde sans péché.

Une montagne y est, qui fut une fête
d’eau et de frondaisons, du nom d’Ida;
aujourd’hui déserte, comme désuète.*

*Traduction de Danièle Robert (Editions Actes Sud).

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