Un jour un film : « Gueule d’ange » de Vanessa Filho

Classé dans : Un jour un film | 0

Un jour un film : « Gueule d’ange » de Vanessa Filho

 

 

Un mariage bien arrosé, une mariée plus que déshabillée, « consommée » par un invité sous les yeux de sa fille de six ans… Si vous aviez tendance à vous assoupir en ce début de soirée ciné, c’est loupé.

Cet uppercut au foie n’est pas fait pour vous mettre de bonne humeur : « P… , ça commence bien ! » Que vous vous dites, (et c’est pas un compliment) « une histoire pour le coup sans queue ni tête ».

Et donc, puisque c’est ainsi que le film commence, Vanessa Filho va tenter de construire un récit à partir de ce fait divers noir en usant de la couleur et de recettes cinématographiques à répétition : flou, gros plan, musique ou sonorité d’accompagnement sans réelle originalité.

 

Marion Cotillard dans "Gueule d'ange"

 

Pourtant, Marion Cotillard prend bien la lumière, trop peut-être. La noirceur par trop starisée, perd de son pouvoir corrosif (trop beau, trop bien, trop ciné) mais quelques bonnes séquences qui sauvent le film comme celle-ci par exemple, lorsqu’elle hésite longuement à franchir une voie embouteillée (décidément) par la circulation pour se rendre à Pôle Emploi. Longue hésitation dans la tourmente, gros plan du visage cadré carré dans rectangle (nombre d’or) le temps que la cigarette se consume, l’espérance avec. Elle renonce. Pouvait-il en être autrement ? On pense bien évidemment à Virginie DESPENTES, son monde interlope, son écriture sulfureuse, assez loin de cette version filmée à l’eau de rose malgré les étiquettes sur les bouteilles.

 

Virginie Descentes, Vernon Subutex

 

C’est aussi un film qui vole au secours de l’enfance, l’enfance seule, sans tuteur, livrée à la nuit et comment filmer des enfants dans des films pour grandes personnes. Et c’est toujours la surprise, les enfants sont des acteurs nés. Bravo !
Puis c’est le temps de la romance ou comment reconstituer ce puzzle et en faire un film… Si vous avez vu le film, vous savez que vous ayez apprécié ou pas. Sinon, allez le voir.

Je note que le film fut tourné pour les extérieurs en décors naturel, essentiellement à La Seyne sur mer et à l’Est de Marseille lieu-dit les Goudes.

Ai souvenance (y’a une plombe) d’avoir arpenté les lieux, carnets de croquis en mains, travail finalisé par une exposition à la galerie du Tableau à Marseille  : « Goudes is very good ».

Au passage, salut amical à Bernard Plasse.

Pas very good pour le film « Gueule d’ange ». Sorry.

 

 

Hervey, les goudes
Les Goudes

 

 

Dessins aux Goudes