Dés l’âge de 4 ans, Marc-Antoine dessinait beaucoup, sans contrainte, selon son plaisir, imitant peut-être son père dans le silence de son atelier où flottait cette agréable odeur de térébenthine.

Comme tous les enfants il apprenait bientôt à écrire et à compter…

Des années plus tard, j’ai retrouvé dans la maison familiale, soigneusement rangées comme des reliques, dessins et carnets d’écriture, registre de ce temps éphémère où se lisent les efforts et les petites douleurs de l’apprentissage, écriture à progression lente, appliquée, malhabile, comme titubante sous le poids d’un trop lourd fardeau, mais aussi des éclaboussures de fraîcheur où les mots dilatés, s’allongent démesurément, soufflant des banalités merveilleuses.

Touché par la fragilité et la grâce de ces carnets à spirales, j’ai pris le risque d’utiliser librement ces dessins et graphies enfantines et d’entreposer ailleurs cette mémoire; la peinture étant aussi l’armoire aux affects.

Expérience agréable, prolongeant l’émotion première, oscillant par mimétisme entre le jeu, la trouvaille et le plaisir, sans contrainte esthétique ou sociale, une aventure facile, ouverte… une sensation de liberté retrouvée.
Hervey ( juillet 1996)

 

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